Insouciance
- Olga BLEIZ

- 1 avr. 2024
- 2 min de lecture
Un jour, j’étais en stage en Maison d'enfants et je rigolais d’une enfant qui descendait d’un toboggan. Sa façon d’être mi-paniquée mi-amusée, ne semblant pas maîtriser une seule seconde sa descente, m’a fait rire bien fort. Ma collègue, à côté, pourtant très douce et joviale, m’a dit « tu verras, un jour tu vas perdre cette insouciance... ». Sur le coup, j’ai froncé des sourcils et j’ai fait mine de ne pas avoir entendu.
Le soir, j’y ai repensé. Je me suis demandée si moi-même, un jour, j’en viendrai à dire à une personne qui rit, que tôt ou tard elle perdra sa légèreté, elle s’éloignera pas après pas de son insouciance de jeunesse. Mais quelle tristesse, bordel. Pardon, vraiment, mais non. J’ai continué et je continuerai pour encore une bonne centaine d’années, à rire des enfants qui descendent d’un toboggan avec un air stupéfait. Je continuerai à avoir les yeux qui pétillent devant des jeunes qui sortent de leur zone de confort. Je ne cesserai jamais de rire avec les enfants, ni avec les adultes. Je ne perds pas mon insouciance en vieillissant, au contraire. C’est bien là l’une des principales erreurs du monde adulte : perdre sa frivolité, perdre son émerveillement, perdre sa folie. Mon insouciance, je la développe chaque jour un peu plus. Je l’ancre en moi, en profondeur.
J’aime m’étonner de la plus petite chose insignifiante, j’aime m’esclaffer du quotidien, j’aime me faire surprendre par les habitudes. J’aime les petites gens et leurs particularités, j’aime avoir les yeux écarquillés devant leur histoire de vie. J’aime décortiquer et trouver la perle chez chacun, j’aime découvrir des trésors dans la personnalité de celui en face de moi. J’aime montrer ma gratitude, mon admiration à ceux qui m’entourent. J’aime m’émerveiller devant ces petits riens.
Cultivons notre insouciance,
arrosons-la de naïveté s’il le faut,
mais silence, ça pousse !
Olga




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