Bonjour 2024 !
- Olga BLEIZ

- 1 avr. 2024
- 3 min de lecture
Les années de 2015 à 2021 se dédiaient à renforcer mes fondations. Panser les plaies, comprendre mon fonctionnement, tomber, me relever. Constater que je peux être forte. Me rendre compte de l’amour que j’ai reçu dans ma famille, le savourer. Trouver ma place.
Entre 2021 et 2023, j’ai explosé le plafond de mes limites. Assoiffée de découvrir de nouvelles activités sans être freinée par les angoisses, j’ai maintenant à mon effectif un tableau de petites victoires qui me fait rougir de bonheur… Parapente. Jet ski. Airfly. Snorkeling. Plongée. J’ai triplé mon maximum de kilomètres à vélo et crapahuté des kilomètres pentus en randonnée.
Malgré ma tendance à claquer la porte dès que le ciel professionnel s’assombrit, je me suis engagée une seconde année sur le même poste comme formatrice pour approfondir ma résistance au stress et trouver un second souffle dans la lassitude. Puis, j’ai poussé les portes du Canada. J’y ai trouvé un travail, j’apprends à faire du ski et patine chaque semaine sur les glaces du centre-ville illuminé. Je savoure le bruit feutré de la neige sous mes pas, la fraîcheur des -15°C sur mes joues endolories, alors que chacune de ces nouveautés me semblait si loin il y a encore 4 mois.
Je suis fière de ces progrès, qui sont corrélés à mon objectif de 2023 : apprendre à me donner du temps. J’ai cessé de me brusquer, de me juger. Oui, j’ai besoin de répéter deux fois plus que les autres les mêmes gestes pour que mon corps les assimile. Oui, je fais toujours face à une progression dans mes apprentissages, puis à une phase de recul, où j’ai l’impression que je n’y arriverai jamais – un passage à vide dans lequel je m’agace et pleure de fatigue. Mais je sais aussi qu’une fois ce stade dépassé, je progresse plus que jamais. Auparavant, je percevais ce moment comme une finalité puis en l’apprivoisant, j’ai découvert qu’elle est une étape. Quand elle arrive, je souris entre mes larmes, car j’y vois le signe que la suite sera meilleure. J’atteins souvent mon objectif et parfois plus encore. Quand je rentre chez moi, j’explose de joie – la charpente de ma maison psychique est un peu plus haute à chaque fois.
Pour 2024, je souhaite continuer ces explorations corporelles mais ma priorité se place ailleurs. Cette année, je vais fleurir mon intérieur.
Si mon esprit était une maison que les gens pouvaient visiter, ils se rendraient compte que les fondations sont solides et les charpentes hautes, certes. Mais ils découvriraient aussi l’ambiance dans laquelle mon âme erre en se rongeant les ongles. Ils entendraient mes dialogues internes douloureux, le néon blanchâtre qui grésille au plafond, la cheminée remplie de cendres, les tiroirs poussiéreux abritant des ruminations anticipatrices au scénario catastrophe. Qu’on ne s’y méprenne pas, j’ai déjà beaucoup progressé : mon esprit est devenu un lieu où je me trouve compétente et solide. Çà et là, se sont ajoutés le tableau orné de mes victoires sportives, une pivoine, quelques poteries colorées, des photos de famille – c’est mieux, mais insuffisant. Je me serre dans mes bras, au milieu des toiles d’araignée et des pendules arrêtées. Je mérite plus.
Pour 2024, j’ai un gros objectif : faire le grand ménage et décorer mon for intérieur. Je veux y faire pénétrer de l’air frais, arracher ces vieilles tapisseries et déposer sur les meubles d’autres pivoines, des géraniums. Transformer mon esprit en maison lumineuse avec des moulures au plafond et des peintures fascinantes. Infuser de l'indulgence, de la confiance en l'avenir. Corder du bois sous le porche, faire renaître cette cheminée d’un feu auquel je pourrai venir me réchauffer lors des nuits plus tristes. Je veux que mon âme soit un carré de soleil sur un canapé moelleux. Une couverture en polaire qui caresse la peau au réveil. L’odeur de l’iode qui rappelle l’enfance à la mer(e). Un bel espace dans lequel je serai heureuse de me retrancher pour réfléchir, seule face à moi-même. Je jetterai par la fenêtre mes vieilles lunettes au filtre lugubre pour enfiler de nouvelles besicles sur mon nez. Elles laisseront tant passer la lumière que je serai obligée de plisser les yeux pour encore contempler ce magnifique spectacle qu’est ma vie. Je placerai les soucis dans un seul tiroir et nourrirai le reste de pensées enthousiastes. Me focaliserai sur la chance d’exister, de participer à cette aventure déroutante, d’être en bonne santé, de mener à bien mes idées, d’être merveilleusement entourée.
2024 se déroulera donc sur le chemin des rénovations. A moi les taloches, les pinceaux et les arrosoirs – je trépigne déjà d’apprendre à orner ces murs d’allégresse.
Et toi, pour 2024, quel sera ton chemin ?
Fraîchement vôtre,
Olga




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